
La fin d'un règne approche chez Microsoft. Le multimilliardaire Bill Gates quittera ses fonctions le 27 juin pour devenir président non exécutif du conseil d'administration, alors que Steve Ballmer prendra la tête du groupe. Chaque jour, cette semaine, lepoint.fr vous propose de revivre la saga Bill Gates.
William Henry Gates III, plus connu sous le nom de "Bill" Gates, est né le 28 octobre 1955 à Seattle, dans l'État de Washington. Dès l'école, il est en contact avec un ordinateur. L'établissement dans lequel il se trouve loue une machine sur laquelle il développe ses premiers programmes. Ainsi, à 13 ans, Bill Gates est considéré comme un mauvais élève parce qu'il passe tout son temps près de l'ordinateur, avec ses amis. Paul Allen, futur cofondateur de Microsoft, fait déjà partie de la bande.
Pirates à leurs heures, les amis se font prendre alors qu'ils essaient de contourner les systèmes de sécurité de l'ordinateur loué, afin de l'utiliser plus longtemps. Les ordinateurs étant récents et excessivement chers, leur école ne pouvait en effet se permettre d'acheter un ordinateur ou d'en louer un à plein temps. De plus en plus connus, les jeunes membres du "Lakeside Programmers Group" obtiennent quelques contrats, qui leur permettent de louer des machines et de consolider leurs connaissances.
En 1973, à l'âge de 18 ans, Bill Gates intègre la prestigieuse université de Harvard. Il passe tout son temps dans la salle informatique et rate ses études. De plus en plus impliqué dans le développement de logiciels, il continue à travailler avec Paul Allen. Alors que la presse annonce à demi-mot l'explosion du marché des ordinateurs personnels, les deux compères décident de fonder une entreprise, pour vendre leurs logiciels. Ainsi, le 26 novembre 1976, la marque Micro-Soft (contraction de "Microcomputer software") est déposée. Elle deviendra plus tard Microsoft.
En 1980, Microsoft signe un partenariat avec IBM, pour la commercialisation du système d'exploitation MS-DOS. Quelques années plus tard, Microsoft publie les premières versions de Windows, le plus répandu des systèmes d'exploitation : un empire est en train de se créer
La saga Bill Gates : Windows, un succès planétaire
La fin d'un règne approche chez Microsoft. Le multimilliardaire Bill Gates quittera ses fonctions le 27 juin pour devenir président non exécutif du conseil d'administration, alors que Steve Ballmer prendra la tête du groupe. Chaque jour, cette semaine, lepoint.fr vous propose de revivre la saga Bill Gates.
Microsoft dispose, au début des années 1980, d'un système d'exploitation non graphique : MS-DOS. Ce système est un succès, mais face à l'interface graphique proposée par Apple, l'entreprise de Bill Gates doit réagir. L'objectif du tout nouveau projet Windows est de proposer une interface graphique pour les applications MS-DOS.
En 1985, Microsoft publie la première version de Windows. Il s'agit dans un premier temps d'un système d'exploitation en noir et blanc, mais il est rapidement doté de couleurs. Malgré les efforts des équipes de développement, Windows 1.0 est un échec. Apple reste maître dans l'art de satisfaire les attentes des utilisateurs. La firme à la pomme se plaint même de violations de copyright et entraîne Microsoft dans de longs procès.
Deux ans plus tard, Microsoft revient à la charge avec une nouvelle version de son système d'exploitation : Windows 2.0. La firme a décidé de produire un logiciel à l'ergonomie très développée, qui n'est véritablement aboutie que lors de la sortie de Windows 3.0, en 1990. Après encore deux années de travail, c'est au tour de la version 3.1 d'être commercialisée, avec plusieurs avancées majeures : lanceur de programmes, explorateur de fichiers et... le jeu du Solitaire. Ainsi, Windows 3.x est un tournant dans l'histoire de Microsoft : c'est avec ce logiciel que la firme a construit les fondations de son empire.
Fort de son succès, Microsoft travaille d'arrache-pied sur Windows 95. Une innovation majeure fait de cette version un immense succès : le bouton Démarrer. L'interface est améliorée et Windows assoit sa position de référence mondiale. Microsoft s'attire les foudres de certains spécialistes car elle décide de rendre Windows 95 incompatible avec les versions de DOS non développées par Microsoft. Ces trouble-fête craignent en effet que la firme de Bill Gates ne dispose rapidement d'un monopole sur les systèmes d'exploitation. C'est peu dire qu'ils furent de grands visionnaires.
La révolution de 2001
Windows est utilisé sur la quasi-totalité des ordinateurs personnels. Compte tenu du piratage massif, les chiffres précis de sa diffusion sont difficiles à estimer. Une chose est sûre : l'explosion du chiffre d'affaires de Microsoft entraîne ses dirigeants vers les sommets. Dès 1996, Bill Gates devient l'homme le plus riche du monde. Avec près de 60 milliards de dollars, il sera toutefois relégué à la troisième place en 2008, derrière Warren Buffet et Carlos Slim Helú, selon le classement du magazine Forbes .
En 1998, Microsoft doit réagir au développement planétaire d'Internet. Avec Windows 98, la firme s'attache à intégrer cette innovation dans son système d'exploitation. Plusieurs logiciels sont ainsi proposés : Internet Explorer, Netmeeting, etc. Par ailleurs, la gestion des périphériques est nettement améliorée. Plus fiable, la seconde version de Windows 98 est mondialement appréciée. En revanche, Windows Millenium est un échec. Commercialisé en 2000, il rencontre un succès mitigé malgré quelques améliorations non négligeables, dont l'automatisation des mises à jour de sécurité et quelques innovations axées sur le multimédia.
La véritable révolution vient en 2001, avec Windows XP. Un seul mot d'ordre pour Microsoft : la simplicité. Toute opération doit être intuitive, et chaque tâche doit être un succès. Et ça marche : Windows XP se répand comme une traînée de poudre. Si bien que Microsoft peut même se permettre de sanctionner, pour la première fois à grande échelle, les utilisateurs de copies illégales en leur interdisant certaines fonctionnalités. XP est, aujourd'hui encore, considéré comme le plus fiable et le plus efficace des systèmes d'exploitation de Microsoft.
Retardé de plusieurs années, le lancement de la plus récente version de Windows en 2006 est un échec. Windows Vista peine à succéder dignement à XP, malgré les millions de dollars investis dans la publicité. Décrié par l'industrie, il est boudé par les utilisateurs, et ce n'est qu'en 2008 qu'il commence à percer. Pourtant, malgré tous ses défauts, Vista esquisse une série d'évolutions majeures de Windows, en matière de sécurité et d'ergonomie notamment. La prochaine version de Windows, actuellement connue sous le nom de Windows Seven et prévue pour 2009 ou 2010, devrait marquer un tournant majeur pour Microsoft.
La saga Bill Gates : Microsoft, un succès contesté
La fin d'un règne approche chez Microsoft. Le multimilliardaire Bill Gates quittera ses fonctions le 27 juin pour devenir président non exécutif du conseil d'administration, alors que Steve Ballmer prendra la tête du groupe. Chaque jour, cette semaine, lepoint.fr vous propose de revivre la saga Bill Gates.
Faire une liste exhaustive des contestations contre Microsoft serait un travail titanesque, nécessitant plusieurs années de recherches. Lepoint.fr a donc décidé de choisir quelques-uns de ces reproches, les plus représentatifs.
Parmi les premières critiques adressées à Microsoft, le vol d'idées est en bonne position. Dès l'origine, Bill Gates s'est attiré les foudres de la communauté Apple, convaincue d'avoir été spoliée de son succès. Du côté de la Pomme, on crie au scandale, en revendiquant - légitimement - l'invention de la corbeille, par exemple. Chez Microsoft, on répond de façon très pragmatique que le succès écrasant de Windows prouve qu'il est le meilleur. Cela donne inévitablement lieu à des discussions sans fin, souvent agressives et parfois intéressantes.
La sortie de Windows Vista en janvier 2007 a attisé les tensions, car l'interface Aero du nouveau Windows reprend de façon très troublante la dernière version de Mac OS X. Les effets de transparence d'Aero sont au centre des débats : revendiqués par le camp d'Apple, ils semblent en réalité avoir fait leur apparition... sous Linux. Quoi qu'il en soit, les innovations des systèmes d'exploitation de Microsoft sont souvent des réactions non assumées à la concurrence, et rarement des idées neuves.
Parallèlement à ces critiques de forme, des critiques de fond ciblent Microsoft. L'abus de position dominante est sans doute la principale. Netscape peut en témoigner : son navigateur Internet, largement dominant au milieu des années 1990, est évincé d'Internet en quelques années lorsque Microsoft décide d'intégrer systématiquement Internet Explorer dans Windows. Pis que tout, la firme de Redmond se repose sur ses lauriers : après avoir vaincu toute concurrence, elle dissout l'équipe d'Internet Explorer et met fin à toute innovation en matière de navigateur pendant près de cinq ans, jusqu'à l'émergence d'un nouveau concurrent : Firefox.
La vente liée, c'est-à-dire la quasi-obligation d'acheter Windows en même temps qu'un ordinateur neuf, est un problème dénoncé par les partisans du logiciel libre. Un PC avait -jusqu'à récemment - un avantage non négligeable sur un Mac : le choix possible du système d'exploitation. Pourtant dans la réalité, il était presque impossible d'acheter un PC sans acheter Windows en même temps, à moins de se procurer les pièces détachées pour les assembler soi-même. Les grands constructeurs ont tous de juteux contrats avec Microsoft, les obligeant à installer Windows sur l'ensemble de leurs machines. Cette situation commence à changer ( voir notre article ), très doucement, grâce à l'apparition de distributions de Linux utilisables par les débutants. Ainsi, de grands constructeurs comme Dell ont mis sur le marché des ordinateurs équipés d'Ubuntu Linux.
Même si la justice américaine protège tacitement Microsoft, il n'en est pas de même partout dans le monde. Le géant du logiciel a été condamné plusieurs fois, notamment par la Commission européenne, à des amendes importantes ( voir notre article ). Une version de Windows XP sans le lecteur Windows Média a même dû être créée pour le marché européen, mais cela n'a eu aucun impact sur la position écrasante du lecteur multimédia de Microsoft. Finalement, avec une amende qui est loin d'atteindre le préjudice subi par la concurrence, et une punition symbolique contre le lecteur Windows Media, Microsoft l'a échappée belle.
De façon plus générale, il apparaît clair que Microsoft a agi dans le but de contrôler les innovations du domaine informatique, avec par exemple la récente affaire d'Open XML ( voir notre article ). En écrasant des projets ouverts et en imposant ses normes, la firme a consolidé son empire tout en générant une haine profonde chez de nombreux acteurs des nouvelles technologies. Ce ressentiment généralisé donne souvent lieu à un déferlement de violence aveugle contre Microsoft, même lorsque ce n'est pas justifié. Le sourire de Bill Gates a parfois caché des stratégies peu honorables, mais la systématisation d'une haine anti-Microsoft a largement décrédibilisé les critiques.
Finalement, l'émergence de certains logiciels concurrençant Microsoft, tels que Firefox et dans une moindre mesure certaines versions récentes de Linux , permettent d'espérer un retour à une situation plus saine, dans laquelle l'utilisateur a un privilège irremplaçable : le choix
Microsoft après Bill Gates, un avenir sombre ?
La fin d'un règne approche chez Microsoft. Le multimilliardaire Bill Gates quittera ses fonctions vendredi pour devenir président non exécutif du conseil d'administration, alors que Steve Ballmer prendra la tête du groupe. Chaque jour, cette semaine, lepoint.fr vous propose de revivre la saga Bill Gates.
Le grand stratège de Microsoft s'en va et referme une page de l'histoire de l'entreprise. Pour être précis, Bill Gates referme l'ensemble des pages existantes, puisqu'il a dirigé Microsoft depuis qu'il l'a cofondée en 1975 avec Paul Allen. Déjà, depuis quelques années, le multimilliardaire se sépare en douceur de son entreprise : en 2000, il a laissé son poste de pdg à Steve Ballmer, avant d'abandonner en 2006 sa fonction d'architecte en chef. À partir du 1er juillet 2008, Bill Gates n'aura plus de fonction opérationnelle chez Microsoft, dont il ne sera plus que conseiller ( chairman ), un rôle exclusivement consultatif. "Il ne s'agit pas d'un départ en retraite", avait-il tenu à préciser lors d'une conférence de presse en 2006, "mais d'une réorganisation de mes priorités". M. Gates va en effet se consacrer à sa fondation humanitaire (voir notre article sur la Fondation Bill & Melinda Gates, en ligne dès demain sur lepoint.fr).
Chez Microsoft, la succession s'organise. Mais la firme peut-elle survivre sans Bill Gates ? C'est la question que s'est posée Mary Jo Foley*, une spécialiste de Microsoft. Elle conclut, sans appel, que "Microsoft sans Bill Gates sera une entreprise perdue, au moins à court terme". Au premier rang des problèmes, selon elle, la façon de réfléchir de l'équipe dirigeante actuelle, trop "tournée vers le passé". Interrogée par News.com en mai dernier, Mary Jo Foley avait fait part de son inquiétude pour la prochaine décennie, estimant : "Personne chez Microsoft ne pense comme Bill Gates." Et c'est peut-être la raison pour laquelle Bill Gates garde un pied chez Microsoft, même si c'est un poste consultatif.
Les défis sont nombreux. Alors que le rachat de Yahoo! a été un échec ( voir notre article ), la concurrence prend de l'importance sur tous les plans. Le navire Microsoft est encerclé : Google, Apple ou encore Oracle guettent la moindre faute. Avec un Windows Vista considéré comme mauvais, l'erreur n'est plus possible.
En cas de crise, Bill Gates pourra toujours intervenir, mais il devra compter désormais sur son aura plus que sur son autorité hiérarchique. Ou, à l'image de Michael Dell ou encore Steve Jobs, il reprendra la tête de son entreprise après l'avoir abandonnée un temps.
* Mary Jo Foley, Microsoft 2.0: How Microsoft Plans to Stay Relevant in the Post-Gates Era , Wiley, 2008, en anglais.
Bill Gates après Microsoft : la fondation Bill & Melinda Gates
C'est la fin d'un règne chez Microsoft. Le multimilliardaire Bill Gates quitte ses fonctions aujourd'hui pour devenir président non exécutif du conseil d'administration, alors que Steve Ballmer prend la tête du groupe. Dernier épisode de notre Saga Bill Gates : la Fondation Bill & Melinda Gates.
Parallèlement à son départ progressif de Microsoft, Bill Gates a développé, dès 2000 avec sa femme Melinda, une fondation destinée à promouvoir la santé et le savoir dans le monde. La Fondation Bill & Melinda Gates emploie environ 540 personnes et dispose d'une fortune colossale : 37,3 milliards de dollars, en progression régulière depuis sa création. D'ailleurs, en 2006, le milliardaire Warren Buffet, homme le plus riche du monde depuis 2008 - il a détrôné son ami Bill Gates -, a rejoint la fondation et a annoncé vouloir lui donner une grande partie de sa fortune.
Les Gates expliquent qu'ils ont créé leur fondation afin d'aider ceux que la destinée n'a pas aidés. Ils considèrent avoir beaucoup reçu durant leur vie : leur devoir moral est donc de rendre autant que possible aux moins favorisés. Pour tous ses programmes, la Fondation explique qu'elle "prend des risques, fait de gros paris". Les principes directeurs précisent notamment que "la science et la technologie ont un grand potentiel pour améliorer la vie", et que la Fondation souhaite se concentrer sur les problèmes "les plus négligés".
Trois projets occupent la majeure partie des employés de la Fondation. Le programme global de développement "travaille avec des partenaires motivés" pour "créer des opportunités [...] de sortie de la pauvreté et de la faim". L'objectif est, notamment, de soutenir les petits agriculteurs et de développer l'accès à l'information. En Afrique par exemple, la Fondation a collaboré avec la Fondation Rockefeller dans le but de déclencher une "Révolution verte" dans le domaine agricole. Sur le plan sanitaire, la Fondation s'attache à rendre les soins avancés accessibles aux plus démunis. Cela passe, par exemple, par un soutien financier à la recherche médicale, particulièrement dans les domaines peu rentables pour les laboratoires pharmaceutiques (recherches sur des maladies spécifiques aux régions démunies, etc.). Aux États-Unis, un autre programme s'attarde sur les problèmes d'égalité des chances, particulièrement pour les minorités ethniques. Cela a d'ailleurs valu de nombreuses critiques à la Fondation, accusée de trop privilégier certains groupes dans ses programmes d'aide, ce à quoi le couple Gates a répondu qu'il était nécessaire d'exercer une discrimination pour équilibrer les chances.
La Fondation, implantée à Seattle, Washington DC et à New Delhi, agit principalement en faisant des dons à d'autres organisations. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) - agence de l'Onu pour la Santé - bénéficie régulièrement de dons de la part de la Fondation. À titre de comparaison, le budget biennal de l'OMS est de 3,3 milliards de dollars, soit moins d'un dixième des actifs de la Fondation Bill & Melinda Gates. Par ailleurs, les apports et dons qui entrent chaque année dans les coffres de la Fondation équivalent au budget annuel de l'OMS.
Afin de conserver son statut de fondation, l'organisme doit faire don d'au moins 5 % de ses actifs chaque année, ce qui représente plus de 1,8 milliard de dollars. Si les partenaires sont heureux, certaines voix dénoncent des effets secondaires. Par exemple, dans le domaine de la santé, Foreign Affairs et Los Angeles Times notent que l'embauche à prix d'or de spécialistes par la Fondation peut réduire la disponibilité de ces experts dans les régions non visées par les programmes d'aide, mais tout aussi démunies.
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