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Les députés libéraux ont engagé une véritable course contre la montre dans la procédure de destitution du président de l’Assemblée nationale. Et les choses sont allées très vite hier pour faire sauter le verrou que constitue l’article 62 de la Constitution et qui fait l’objet de la première proposition de loi du député Sada Ndiaye. Au finish, malgré la résistance d’une vingtaine de députés de l’opposition parlementaire et quelques proches de Macky Sall, la procédure d’urgence a été adoptée avec 85 voix pour.
L’Assemblée nationale a été convoquée hier matin pour statuer sur la procédure d’urgence afin de pouvoir évacuer très vite cette première partie de la destitution de Macky Sall. La séance a débuté par une petite plénière qui n’a duré que quelques minutes. C’est ainsi que quatre-vingt-cinq députés ont voté pour, dix-huit ont voté contre et deux se sont abstenus. Une démarche fustigée par le député Imam Mbaye Niang qui parlait au nom de ses collègues qui ont tenté de s’opposer à la volonté de la majorité. ‘Nous estimons qu’il n’est pas opportun de voter en urgence une telle proposition de loi qui n’a aucune importance. Nous refusons de voter parce que cette proposition n’a aucun caractère d’urgence’, martèle le député au nom de ses collègues qui apportent ainsi un soutien au président de l’Assemblée nationale.
Pour le leader du Mrds, ‘ce qui est urgent aujourd’hui, au moment où nos collègues parlent de procédure d’urgence, c’est essayer de trouver des solutions aux problèmes des Sénégalais. Ces problèmes ont pour noms : les coupures d’électricité, les inondations, la mobilité urbaine, l’insécurité et l’insalubrité’. Puis d’ajouter : ‘S’il y avait une proposition de loi qui parlait de ces problèmes, celle-là pouvait bien emprunter une procédure d’urgence. Malheureusement, le camp libéral vient encore une fois d’user de sa majorité mécanique pour faire passer une procédure anti-démocratique qui ne grandit pas notre pays’. Des propos qui recoupent, en tout cas, ceux de sa collègue Me Ndèye Fatou Touré qui, à son tour, aura tout fait pour empêcher le vote de la procédure d’urgence.
Mais, il n’y a pas que les députés de l’opposition qui ont opposé un niet catégorique au vote de la procédure d’urgence pour la modification de l’article 62 de la Constitution. Quelques ‘frères’ de Sada Ndiaye, l’initiateur de la proposition de la loi, ont refusé de donner leur aval. Le plus visible d’entre eux aura été le député Moustapha Cissé Lô qui, comme d’habitude, a craché ses quatre vérités à ses frères de parti. ‘Ce qui se passe dans cette Assemblée nationale est honteux et inacceptable. Rien ne justifie le vote de cette procédure d’urgence, à part la méchanceté. Les urgences, ce n’est point cette proposition de loi’. Malheureusement, se désole toujours le député surnommé ’El Pistolero’, ‘on a usé de la force pour nous imposer la procédure d’urgence et tout ce qui suivra’.
Des discours qui laisseront de marbre le président de la séance Iba Der Thiam et le président du groupe parlementaire ‘libéral et démocratique’. ‘Tout s’est passé dans les normes. On n’a fait que respecter les dispositions. Car les projets et les propositions de loi sont examinés dans la session au cours de laquelle ils ont été déposés. Et vous savez que le 15 octobre prochain, nous allons entrer dans la session budgétaire’, explique Doudou Wade.
La procédure d’urgence étant adoptée, il ne reste plus qu’à passer à la prochaine étape. Celle de la réunion de la conférence des présidents qui s’est tenue aussitôt après la plénière. Et en trente minutes, Iba Der Thiam et ses collègues reviennent pour annoncer que la première proposition de loi Sada Ndiaye ‘sera examinée demain (aujourd’hui, Ndlr)’ en plénière.
Walfadjri
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