| JO PEKIN 2008:Le grand secret de la cérémonie d'ouverture |
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| 27-07-2008 | |||||||
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Les Jeux, bien sûr, durent quinze jours, quinze longues journées de fête et de crainte de l'incident. Mais la cérémonie d'ouverture est l'instant clé qui a concentré toutes les passions géopolitiques, l'heure où s'affichera en lettres artistiques le message que la Chine veut faire passer à son peuple et au monde. Sa préparation est entourée d'un secret digne d'un programme nucléaire militaire. Les interrogations sur le casting international dans les gradins ont viré pendant des mois au psychodrame diplomatique. On sait aujourd'hui que Vladimir Poutine y croisera George Bush, que Nicolas Sarkozy n'y croisera pas Gordon Brown ni Angela Merkel. L'affaire est donc à peu près réglée. Les regards peuvent se porter sur la pelouse du Stade national, où l'on attend une audace de scénarisation à la hauteur de la hardiesse architecturale du «Nid d'oiseau». Le grand maître des cérémonies n'est autre que le père de La Cité interdite ou Épouses et Concubines, le célèbre cinéaste Zhang Yimou. Le choix n'a rien de surprenant. Chef de file de toute une génération de créateurs chinois, il est directeur de la photographie de formation , et donc un virtuose de la couleur, du graphisme. Son récent film Le Secret des poignards volants a montré sa capacité à peindre d'époustouflants gestes martiaux. Et puis, après avoir été en délicatesse avec le pouvoir à ses débuts, Zhang Yimou en est aujourd'hui réputé très proche. Un peintre presque officiel de la «nouvelle Chine», en quelque sorte. Que n'a-t-on pas dit, écrit sur Zhang Yimou depuis qu'il a été investi de cette olympique responsabilité. Certains médias l'ont décrit broyé par la terrible pression, au bord de la folie. Au printemps, l'artiste lui-même a dû démentir qu'il était menacé de «sept ans de prison» s'il dévoilait par avance une cérémonie classée «secret d'État». Auparavant, il avait reconnu qu'il «prendrait des coups» en cas de raté et qu'organiser un tel show était «100 fois plus difficile que de diriger un film».
Le défi est de taille : intégrer une parade de plus de 12 000 athlètes dans un spectacle comptant sans doute un nombre équivalent d'acteurs. «Les Chinois ont un atout certain, celui d'une capacité naturelle à gérer le nombre, le risque étant de s'extraire difficilement de cette approche quantitative, commente Yves Pépin, patron d'ECA2, qui a à son actif le spectacle de l'an 2000 autour de la tour Eiffel ou l'ouverture de la Coupe du monde de football de 1998. Ils ont aussi d'excellents chorégraphes, le sens des costumes, de la couleur.» Avec l'Australien Ric Birch, vieux routier des JO, Yves Pépin est l'un des deux conseillers étrangers de Zhang Yimou. Le troisième, Steven Spielberg, a jeté l'éponge pour désaccord sur la politique chinoise au Darfour. Ces «conseillers» ont surtout joué un rôle d'agitateur d'idées très en amont. Ensuite, comme pour tout le reste de l'organisation des Jeux, les responsables chinois ont eu à cœur de ne rien sous-traiter. La deuxième grande répétition a eu lieu le 16 juillet. Et quelques indices ont filtré. Si l'intérieur du stade était jalousement gardé, on a pu voir l'édifice s'embraser. Dans la mère patrie des feux d'artifice, on ne peut que s'attendre à des innovations pyrotechniques. Pour le reste, on retombe sur la portée très politique de cette cérémonie du 8 août. Avant tout, il s'agit de témoigner au monde de la grandeur de la Chine. Ric Birch a évoqué une fresque couvrant l'évolution de la Chine à travers l'Histoire, des grands empires au téléphone portable. Deux des chorégraphes chinois ont lâché les deux mots clés du spectacle : «la civilisation et l'harmonie». Un journaliste chinois fondu dans les gradins le 16 juillet a révélé que la parade était émaillée de chants patriotiques comme Chanson à ma mère patrie et d'airs de l'Opéra de Pékin. Un hommage aux victimes de la tragédie du Sichuan devrait aussi être rendu. Entre exaltation des racines de la Chine éternelle et démonstration de l'ancrage du pays dans le monde contemporain, ces trois heures et demie de grand spectacle seront sans nul doute passionnantes à décrypter.
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