économie
Entreprise
Plaidoyer pour le rétablissement de la stabilité macroéconomique au Sénégal | Plaidoyer pour le rétablissement de la stabilité macroéconomique au Sénégal |
|
|
|
| 23-11-2008 | |||||||
• Obiageli Ezekwesili a exhorté le gouvernement sénégalais à rembourser sa dette intérieure et rétablir la stabilité macroéconomique • A ce jour, la Banque mondiale a déboursé 56 millions de dollars pour soutenir le secteur de l'énergie au Sénégal • Le portefeuille de la Banque mondiale pourrait être réaménagé afin de faire de l'agriculture une priorité dans le pays C’est un véritable marathon de dialogue que la vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Afrique, Obiageli Ezekwesili, a parcouru à l’occasion d’une visite de trois jours effectuée du 27 au 30 octobre au Sénégal. Au cours de cette visite, elle a eu des entretiens avec les plus hautes autorités sénégalaises, dont le président Abdoulaye Wade. Elle a également rencontré les représentants de la communauté des partenaires au développement, ainsi que des délégués de la société civile et du secteur privé. Ces entretiens ont porté essentiellement sur la dette intérieure, la bonne gouvernance, l’accès des femmes aux opportunités et le dialogue entre les acteurs politiques. Ezekwesili a également profité de cette visite pour inaugurer le nouvel édifice qui abrite désormais les bureaux de la Banque mondiale au Sénégal, en présence du ministre d’Etat sénégalais, ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, avec lequel elle s’est entretenue sur des questions relatives à la fiscalité et au déficit budgétaire. Tout en reconnaissant que le contexte de crises multiples – financière, énergétique, alimentaire – a engendré des défis majeurs, Ezekwesili a toutefois rappelé que le maintien de relations fortes entre l’État sénégalais et ses partenaires passe par une résolution de la question de la dette intérieure, qui est devenue « une contrainte pour le secteur privé ». Sur ces questions, le ministre chargé de l’Economie a voulu rassurer la Banque mondiale en déclinant toutes les actions jusqu’ici entreprises « pour faire du Sénégal un exemple de stabilité politique et macroéconomique ». Parmi celles-ci figurent des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) visant à rétablir l’équilibre des finances publiques. Il a cependant souligné la difficulté de trouver des fonds pendant cette période de crise financière internationale qui a entraîné la baisse des transferts privés en provenance des investisseurs étrangers et des émigrés sénégalais. Sans compter, avait-il ajouté, la baisse des recettes fiscales engendrée par la suppression des droits et taxes sur les produits alimentaires importés afin de réduire l’impact de la hausse des prix des denrées de première nécessité. La vice-présidente a également évoqué la question de l’énergie avec le ministre Samuel Sarr, en précisant que les perturbations dans le secteur de l’électricité ont des impacts lourds sur l’économie sénégalaise, notamment sur les petites et micro entreprises familiales qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté. Elle a rappelé que la Banque mondiale a déjà décaissé 56 millions de dollars sur les 80 millions prévus pour soutenir le secteur. Cependant, plus que les moyens financiers, le secteur de l’énergie a besoin de réformes en profondeur, a souligné Ezekwesili. Cette visite a également été l’occasion de passer en revue le portefeuille de la Banque mondiale au Sénégal et sa restructuration, si nécessaire, pour mieux appuyer le secteur agricole, dont le gouvernement a fait une priorité avec l’annonce de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (GOANA). Tout en réaffirmant son soutien pour des projets prometteurs comme l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, la vice-présidente a cependant déploré le non-versement par l’État sénégalais des fonds de contrepartie pour certains projets financés par la Banque mondiale, ce qui risque de compromettre leur exécution. Ezekwesili a fortement repris son plaidoyer pour une attention particulière sur la situation des franges les plus pauvres de la population dans le partenariat entre le Sénégal et ses partenaires au développement. « Ce que les Sénégalais retiendront, c’est l’impact de nos programmes sur la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable et la réduction de la pauvreté », a-t-elle souligné, avant d’ajouter : « Nous sommes ici pour une seule raison : réaliser un monde sans pauvreté ».
3.23 Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved." |
|||||||
| < Précédent | Suivant > |
|---|