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Accueil arrow économie arrow Entreprise arrow LOYERS IMMEUBLES CONVENTIONNÉS : L’État veut réduire les 1,6 milliards de F Cfa payés aux loueurs
LOYERS IMMEUBLES CONVENTIONNÉS : L’État veut réduire les 1,6 milliards de F Cfa payés aux loueurs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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16-07-2008
ablaye_diop.jpgL’État veut optimiser les sommes destinées au paiement du loyer des immeubles conventionnés qui sont estimées à 1,6 milliards de F Cfa. La convention signée avec Ecobank dans le cadre de l’externalisation des dépenses récurrentes pour reverser aux loueurs leur dû à date échue, l’amène à penser à une révision des coûts.
Les loueurs d’immeubles conventionnés vont désormais percevoir à date échue l’argent que l’État leur doit. Une épine enlevée du pied grâce à la convention signée ce mardi 15 juillet avec Ecobank. Ce compagnonnage qui prend effet entre dans le cadre de l’externalisation des dépenses jugées récurrentes dans le budget. Dans le cadre de cette convention, l’État s’engage à payer, à échéance régulière, les baux et loyers des immeubles qu’il a conventionnés, en respectant, « scrupuleusement », la domiciliation bancaire prévue par la convention de bail, objet de règlement. Par ailleurs, cette innovation a un double effet parce que, par ailleurs, l’État s’attend à ce que cette convention puisse déboucher sur une baisse des coûts facturés à l’État, voire une possible baisse d’ensemble sur les prix des loyers. Les loueurs ou agences immobilières détenteurs de maisons conventionnées doivent ainsi s’attendre à revoir à la baisse les coûts fixés à l’État.
En marge de la cérémonie de signature de la convention, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargé du Budget, Ibrahima Sarr, a indiqué que « le paiement à échéance régulière des baux et loyer des immeubles conventionnés permettra à l’Etat de réguler sensiblement sa marge de négociation aussi bien avec des bailleurs que des agences immobilières ». Avant de confirmer que : « les perspectives d’une telle situation doivent aboutir à une baisse des coûts attribués à l’État voir une baisse sur l’ensemble des coûts du loyer ». Il a ainsi précisé que l’objectif visé à travers le dispositif mis en place avec Ecobank, est d’optimiser les coûts payés par l’État. Le ministre en charge du Budget a aussi fait savoir que : « on sait très bien que ces différents loueurs font payer à l’État ce qu’on appelle des intérêts de retards parce qu’au moment de conclure les conventions de bail, nous avons constaté que le prix payé par l’État est légèrement supérieur ». Ibrahima Sarr d’ajouter que : « à travers ce dispositif, il sera question de baisser le coût du service public. Si l’État paye à des dates convenues et sans retard, il est normal qu’on puisse demander à certain nombre de co-contractant de l’État de pouvoir baisser les prix ».
Calmer des tensions sociales
En dehors du paiement des baux et loyers des immeubles conventionnés, le ministre du Budget pense que ce système qui entre dans le cadre de l’amélioration de la qualité du service public aidera au règlement préventif des conflits sociaux. La convention va ainsi prendre en charge le paiement des bourses des étudiants qui sont estimées à un milliard de FCfa et les indemnités dans le secteur de la santé qui s’élèvent à 1,6 milliard de FCfa par trimestre. Le secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé (Sutsas), Mballo Dia Thiam, interrogé, a jugé « positive » cette convention. Par ailleurs, il a fait remarquer que : « Nous ne connaissons pas la teneur de cette convention et la banque, de même que l’État, nous promet de payer à date échue ». Mais ce que nous n’aimerions pas, a-t-il averti, « c’est qu’on transfère les problèmes qu’on a au niveau du ministère de la Santé, ou de la Dage à la banque ». Pour lui, « il ne faut pas également que demain, cette banque nous mette dans un engrenage pour retarder les paiements ou demander autre chose ». Le secrétaire général du Sutsas a profité de l’occasion pour rappeler que la préoccupation de son organisation est que depuis janvier 2008, l’État leur doit deux trimestres de motivation et que la banque ne s’est pas prononcée là-dessus. Sur cette question, il a fait savoir qu’un ultimatum a été lancé au gouvernement pour espérer entrer dans leurs fonds.
Impliquer les banques dans le processus des dépenses publiques
Le ministre du Budget voit à travers à cette convention, une opportunité de permettre au système bancaire d’être impliqué dans le processus des dépenses publiques de telle sorte qu’à des échéances convenues, que toutes ces dépenses soient payées aux bénéficiaires. Pour lui, « il y a un effet indirect sur le système bancaire parce que la plupart des personnes qui ont loué à l’État ont construit sur des prêts bancaires. Ce qui va permettre à la banque de pouvoir récupérer sur l’échéance ». Sur cette lancée, l’administrateur directeur général de Ecobank, M. Ehouman Kassi, a reconnu que la banque qu’il dirige va gagner à pousser à la bancarisation, du moment que cette convention cible une population de 80 mille personnes non encore introduites dans le système bancaire. Concernant les étudiants, M. Ehouman Kassi affirme que « cette convention va leur permettre en premier lieu de faire des opérations de retrait, ensuite des achats et pourquoi ne pas passer à l’étape supérieure avec de nouvelles cartes pour leur permettre de faire des achats en ligne ». Il avise que les filiales Ghanaenne et Béninoise d’Ecobank sont déjà installées sur les campus de leur pays respectif et que c’est la première convention globale signée avec un État.
Le Ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargé du Budget, Ibrahima Sarr, pour sa part, pense que l’accès à diverses prestations à travers les cartes de paiement électroniques répond au défi de la réduction de la fracture numérique. Dans un élan d’optimisme, il espère qu’au-delà de cette convention, d’autres chantiers seront ouverts d’ici la fin de l’année pour en discuter avec le système bancaire. Dans ce même cadre, Ibrahima Sarr juge qu’il y a des avantages à donner aux agents des ministères. A titre d’exemple, il pense que les fonctionnaires qui vont en mission pourront se doter d’un instrument, comme dans certains pays, d’une « carte d’affaires » pour éviter de courir derrière le Trésor public dans le but de récupérer leur frais de voyages.
Par Bakary DABO | SUD QUOTIDIEN
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