Le marché du poulet affiche une grise mine. La situation économique morose avec la baisse drastique du pouvoir d’achat des Sénégalais, est passée par là. Un tour effectué au marché de Fass, Thiléne et Sandaga nous a permis de faire l’état des lieux en cette période de préparatifs de fête de korié prévue ce week-end.
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Les affaires ne sont pas florissantes au niveau du marché du poulet à Dakar où, dans certaines places, on constate un business du poulet en berne par rapport aux années précédentes. Cette situation s’explique par un certain nombre de facteurs liés à la conjoncture économique plongeant ainsi les consommateurs dans d’énormes difficultés financières.
Il est 11 heures au marché de Fass. Le soleil darde ses rayons dans un endroit quasiment « désert » pour un marché où règne d’habitude une ambiance des grands jours. Cheikh Bèye, un commerçant originaire du ndiambour, nous renseigne sur la difficulté des vendeurs de volaille à écouler leurs produits en ces veilles de fête. Les clients se font rare car, pour Cheikh Bèye qui revendique une quinzaine d’années d’expérience dans le marché, « les Sénégalais ont d’autres priorités que de faire la fête en cette période de crise ». Face à cette situation, il affirme que son revenu a lamentablement baissé car, estime-t-il, « le mois est creux et le poulet qui est vendu entre 2500 à 3000 FCfa n’est pas à la portée de tout le monde ».
Aussi, il confirme n’avoir pas vendu de poulets pour les besoins de la fête. Ce qui, selon lui, renseigne sur la « gravité » de l’heure. Fatma Ndiaye, mère de famille résidant à la Gueule Tapée, analyse la situation en affirmant que « les produits sont très chers » et du coup elle « tire » sur le gouvernement qui, selon elle, « doit diminuer les prix ». Plus tempéré que Mme Ndiaye, Mor Talla Fall, un résidant de la rue 21 X 2 bis qui pense que « les gens doivent considérer la situation avec beaucoup de sérénité et que chacun prépare la fête en fonction de leurs moyens ».
Ailleurs, au marché Thiléne, la situation est presque similaire et Mamadou Ndao que nous y avons rencontré va dans le même sens que nos premiers interlocuteurs. Selon lui, « le commerce des poulets pour cette année n’est pas fameux ». Son collègue commerçant, Aliou Sarr que nous interpellons approfondit la réflexion en estimant d’abord que « les fêtes de cette année sont marquées par un contexte économique très difficile. » Il a, par ailleurs, profité de l’occasion pour lancer un appel aux autorités afin qu’elles appuient le secteur avicole car, dit-il, « il crée beaucoup d’emplois ». A son avis, si l’Etat soutenait les acteurs du secteur, ils pourraient alimenter toute la sous-région en poulets. A quelques encablures, trois Nigériennes interrogées trouvent cependant les prix abordables mais, selon elles, « c’est l’argent qui fait défaut ». Toutefois, le décor change pour peu que nous nous rendions au marché Sandaga, en plein centre ville où l’activité est plus dense.
Ici, Maimouna Ndoye, la trentaine, embouche la même trompette que ses prédécesseurs et estime que « les poulets sont très chers et la vie est très dure ». Elle n’a cependant pas caché sa préférence pour le poulet de chair qu’elle juge « plus économes pour une grande famille ». Du coup, elle en a acheté deux à 5500 FCfa.
Un peu plus loin dans Sandaga, si le jeune Makane Diagne qui habite Fass Mbao confie que « la vente ne marche pas comme auparavant car les Sénégalais sont dans des difficultés financières énormes », dit-il, Il indique que dans ce contexte difficile, un de ses amis a perdu 500 poulets à cause de la pluie. Ce qui lui aurait occasionné un manque à gagner de plus d’un million de FCfa, selon lui.
Il faut noter à cet effet que les inondations au niveau de la banlieue ont contribué à cette situation car beaucoup de vendeurs interpellés sur les causes confient que leurs poulaillers ont été envahis par les eaux, entraînant ainsi des pertes « énormes ».
Malgré toutes ces difficultés, le jeune Makane Diagne qui affirme avoir pourtant enregistré une commande de 107 poulets à raison de trois mille francs l’unité, estime tout de même que par rapport à l’année dernière, ses revenus ont baissé de 50 pour cent.Sud Quotidien
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