Portrait
Barak OBAMA
IBRAHIMA DIA, DIRECTEUR DE MILLENIUM CHALLENGE ACCOUNT (MCA) SENEGAL : «Le Suivi-Evaluation est une | IBRAHIMA DIA, DIRECTEUR DE MILLENIUM CHALLENGE ACCOUNT (MCA) SENEGAL : «Le Suivi-Evaluation est une |
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| 04-10-2009 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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l’Administration Obama, nous avons interrogé, le Directeur général de Millenium Challenge Account (Mca), Ibrahima Dia. Il revient sur le fond du travail effectué depuis plusieurs années
Au départ on parlait de 600 milliards de Fcfa. Aujourd’hui le Sénégal reçoit 270 milliards. Quelles sont les raisons de cette baisse? Pour parler de baisse, il faudrait qu’il y ait au préalable un montant dédié ; ce qui ne correspond pas au modèle du Mca. Voilà comment cela marche avec le Mca. Chaque année fiscale, le Congrès américain alloue au Mcc, agence chargée de gérer ce fonds un budget sur lequel les pays éligibles vont compétir. En 2005, lorsque le Sénégal avait préparé sa proposition relative au projet de la plateforme de Diamniadio, le projet était évalué à 600 milliards dont la moitié devait être recherché auprès du secteur privé. Seul un montant de 300 milliards devait faire l’objet de requête auprès du Mcc (vous pouvez consulter le projet sur le site du ministère de l’économie et des finances). En réalité, aucun pays ne peut avoir 600 milliards (1,200 millions de $US), qui est le maximum du budget annuel alloué au Mcc, depuis sa création. Et ce budget comprend, entre autres les ressources pour le financement des Compacts, les charges de fonctionnement de l’institution et les «Threshold» qui sont de petits projets destinés à des pays qui ne sont pas encore éligibles. Pour cette année fiscale 2009, le montant disponible pour financer les compacts était de 700 millions de dollars. Donc avec 553 millions de dollars, car nous avions signé une avance de plus de 13 millions en Juin passé, le Sénégal a recueilli plus de 80 % du volume des financements disponibles. C’est relativement le plus important financement accordé à un pays si l’on considère la taille de notre population comparé au Maroc et la Tanzanie, les pays ayant des programmes de montant supérieur au nôtre et le contexte de crise économique et financière actuel. Cela démontre l’engagement solidaire du peuple américain envers le peuple sénégalais dont l’attachement aux valeurs démocratiques, l’ouverture de sa population et la paix qui y règne sont fortement salués. Comment se fera le suivi du programme. Quelles sont les garanties pour un bon démarrage et une mise en œuvre effective du programme ?
Au cours du processus de préparation du programme d’investissement et tirant l’expérience des autres pays engagés dans le processus du Mca, la Mission de formulation et de gestion du Mca (Mfg-Mca) a anticipé sur les phases ultérieures, avant même la confirmation des ressources allouées au Sénégal par le Congrès. C’est ainsi qu’un ensemble de dispositions sont mises en œuvre. Pour la passation de marché et la gestion des ressources, nous avons recruté des structures privées sur la base d’un appel d’offre international et à qui nous confierons ces fonctions extrêmement importantes. Enfin, pour l’exécution des projets, des structures qui ont fait leurs preuves comme la Saed et Aatr ont été retenues comme maître d’ouvrages délégués et des conventions seront signées entre elles et le Mca-Sénégal. Le Suivi-Evaluation est une composante essentielle de tout programme avec le Mca. Le Programme du Sénégal intègre ainsi un dispositif de suivi des résultats avec des indicateurs et des repères pour mesurer les progrès aux échéances convenues et évaluer les performances des différents projets. Ce processus est mené en rapport avec toutes les parties prenantes (Populations concernées, Agences d’exécution et autres acteurs) et l’information finale est mise à la disposition du public, à travers notamment un site Internet et l’implication des Organisations de la société civile à travers le Congad et la Fafs, les organisations du secteur privé qui vont continuer à jouer leur rôle dans le pilotage stratégique du programme et les instances de décision et de suivi. Pourquoi le Mca n’est pas intervenu dans l’eau potable et l’assainissement ? Les interventions du Mca sont guidées par les conclusions de l’analyse des contraintes à la croissance économique et au développement du secteur privé. Il est ressorti de cette analyse que l’accès à l’eau pour les usages économiques constituait plus une contrainte au développement économique que l’accès à l’eau potable. D’autant plus que le Sénégal présente les meilleurs taux d’accès à l’eau potable en Afrique (93 % en milieu urbain, 69 % en milieu rural) grâce aux réformes de première et deuxième génération, traduits par la mise en œuvre du Pse, Plt et actuellement du Pepam qui a déjà le soutien de plusieurs bailleurs de fonds avec des résultats palpables. Pourquoi le Mca n’est pas intervenu dans la zone centre ? Tous les projets présentés ont été regroupés dans un univers de possibilités. Suivant les orientations des acteurs impliqués dans le processus, le pays a été divisé en plusieurs pôles économiques dont la zone centre. L’analyse des potentialités des zones agro-écologiques du pays a cependant abouti à cette option de concentrer les interventions dans les zones Nord et Sud qui présentent plus d’atouts pour l’agriculture et agroindustrie, le tourisme de diversification et la pêche et l’aquaculture, grappes et secteurs sur lesquels la stratégie de croissance accélère et réduction de la pauvreté peut-être bâtie pour une sécurité alimentaire et une croissance redistributive et plus favorables à la création d’emplois. Dans le domaine spécifique de l’hydraulique, la mobilisation des eaux superficielles dans les zones à fort potentiel de développement agricole a été un des objectifs spécifiques de notre programme, et dans ce cadre, les régions Nord et Sud sont les plus indiquées. Ce sont également les régions qui contribuent le plus à la création d’un marché sous régional intégré avec les pays limitrophes. Ce n’est pas réaliste de vouloir intervenir partout mais ce qui est important c’est l’approche de développement de pôle de croissance économique alternatif à Dakar soit promu et que le modèle soit reproduit avec d’autres ressources y compris nationales.
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