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L'attaque du Flec pourrait servir au président angolais |
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13-01-2010 |
L'attaque du Flec pourrait servir au président angolais
L'attaque meurtrière du car des joueurs togolais en route pour la Coupe d'Afrique des Nations est un coup porté à l'image internationale de l'Angola mais le président Jose Eduardo dos Santos pourrait s'en servir pour renforcer encore son emprise sur le pays. /Photo prise le 11 mars 2009/REUTERS/Hugo Correia
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L'attaque meurtrière du car des joueurs togolais en route pour la Coupe d'Afrique des Nations est un coup porté à l'image internationale de l'Angola, mais le président Jose Eduardo dos Santos pourrait s'en servir pour renforcer encore son emprise sur le pays.
L'embuscade de vendredi, revendiquée trois jours plus tard par les séparatistes du Front de libération de l'Etat de Cabinda (Flec), a replacé au premier plan de l'actualité la lutte que mènent depuis 35 ans ces rebelles afin d'obtenir l'indépendance d'un territoire de 7.800 km2 riche en pétrole, séparé du reste de l'Angola par la République démocratique du Congo (RDC).
"L'attaque a montré que le problème séparatiste existe toujours, même à un niveau restreint", déclare Alex Vines, directeur du programme Afrique à l'institut londonien Chatham House. "Une fois que les matches (de la Can) seront terminés, je m'attends à une répression des séparatistes et de leurs sympathisants et à des opérations de contre-insurrection dans le nord du pays."
Dans sa traque des militants du Flec, l'Angola devrait renouer des liens avec la RDC voisine, qui se sont tendus en octobre avec le renvoi de 20.000 immigrés angolais en représailles à l'expulsion d'Angola de Congolais en situation irrégulière.
"Le gouvernement a la volonté d'utiliser cette tragédie pour se débarrasser du Flec une fois pour toutes, avec l'approbation de la communauté internationale", déclare Rafael Marques, un commentateur politique angolais spécialiste de Cabinda.
La RDC, ainsi que la France, ont promis de poursuivre les dirigeants du Flec qui vivent en exil sur leur territoire.
Le ministère français des Affaires étrangères a jugé mardi que des propos du secrétaire général du Flec, Rodrigues Mingas, appelant à poursuivre la lutte étaient inacceptables et porteraient à conséquence.
Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, a déclaré que la RDC considérait le Flec comme une organisation terroriste et retirerait à ses membres leur statut de réfugié.
NOUVELLE CONSTITUTION
L'enclave de Cabinda, coincée entre le Congo-Brazzaville et la RDC, a été rattachée à l'Angola lors de la signature du traité d'indépendance entre les principaux mouvements indépendantistes angolais et le colonisateur portugais en 1975.
Les séparatistes ont lancé une guérilla contre le gouvernement de Luanda dès cette année-là mais ils étaient largement décimés lorsque la longue guerre civile angolaise s'est achevée en 2002.
L'attaque du car togolais, qui a fait deux morts au sein de l'encadrement de l'équipe des Eperviers, pourrait aussi servir de prétexte à Jose Eduardo dos Santos pour faire approuver une nouvelle Constitution lui permettant d'être élu par suffrage indirect, au lieu du mode direct qui est aujourd'hui la règle.
"Cette diversion aidera le gouvernement à faire adopter la nouvelle Constitution qui maintiendra, voire accroîtra les pouvoirs présidentiels", estime un analyste angolais souhaitant rester anonyme.
Le projet de Constitution présenté par le MPLA, le parti au pouvoir, prévoit que la tête de liste du parti ayant recueilli le plus de voix aux élections parlementaires devienne président. Le MPLA a remporté 82% des suffrages aux législatives de 2008.
Le président, âgé de 67 ans et au pouvoir depuis 1979, a annoncé le mois dernier la tenue d'une élection présidentielle en 2012. En dépit de promesses répétées, aucune présidentielle n'a eu lieu depuis la fin de la guerre civile il y a huit ans.
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