Le Capitaine Moussa Cadis Camara pourra-t-il assumer encore les charges de président de la République, une fois de retour en Guinée ? Personne n’en est sûr, pour l’instant. Tout ce que l’on sait, par contre, c’est qu’il a repris conscience mais il demeure incapable de communiquer.
Guinée : Dadis retrouve ses esprits mais peine à communiquer
Le chef de la junte militaire est sorti du coma artificiel dans lequel il était plongé, depuis la tentative de meurtre, dont il fut l’objet, jeudi dernier, à Conakry. C’est du moins ce qu’a déclaré dimanche sur les ondes de Rfi, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Alexandre Cécé Loua. Moussa Dadis Camara a repris conscience mais il n’est pas encore en mesure de ‘communiquer’, avait-il indiqué. Le chef de l’Etat guinéen, qui avait été évacué d’urgence vendredi à Rabat, dans un état critique, serait donc en train de récupérer. C’est dire que les médecins marocains ont réussi là une véritable prouesse. Reste à savoir si l’homme fort de Conakry, sera encore en mesure de diriger son pays. Car, de toute évidence, le traumatisme crânien, dont il souffrait, va certainement laisser quelques séquelles. On ne peut s’empêcher de se demander, dès lors, s’il jouira encore de toutes ses capacités intellectuelles, mentales et morales pour diriger la Guinée.
D’autant que bien avant cet incident, qui a failli lui coûter la vie, nombre d’observateurs avaient déjà descellé, à travers ses envolées lyriques et ses déclarations délirantes, des signes de trouble mental. C’est le cas notamment de la présidente de l’Ong internationale Crisis group, Louise Harbour ou de notre confrère de Jeune Afrique, Cheikh Yérim Seck. La traque contre le tonitruant Lieutenant Aboubacar Diakité ‘Toumba’ et de ses proches se poursuit à Conakry. De sources dignes de foi font état d’une vague d’arrestations des familles des militaires supposés proches de l’ex-aide de camp du Capitaine Moussa Dadis Camara. Plus d’une centaine de personnes, notamment des épouses des militaires fugitifs, leurs enfants et leurs parents auraient déjà été interpellés et incarcérés au camp Alpha Yaya Diallo par la junte militaire.
Ces victimes innocentes d’un règlement de comptes tragiquement absurde entre militaires, auraient été torturées par leurs geôliers. La junte militaire cherche visiblement, à travers ce mauvais traitement infligé aux familles des insurgés, à contraindre le Lieutenant Toumba Diakité et ses hommes à se rendre ou à révéler leur cachette. Le ministre d’Etat, chargé de la sécurité présidentielle, Claude Pivi alias ‘Coplan’, aurait éventré plusieurs maisons situées dans la presqu’île de Kaloum (centre–ville) au cours de ces trois derniers jours. Il suspectait ces habitations d’abriter la bande à Toumba Diakité. Il a aussi ordonné le transfert de tous les détenus de la tristement célèbre prison de l’île de Kassa (au large de Conakry) à la maison centrale de Coronthie. Il s’agit là, apparemment, d’une mesure conservatoire pour éviter que ces prisonniers ne soient libérés par le Lieutenant Toumba Diakité et ses hommes. Ce qui donnerait ainsi du fil à retordre à la junte qui peine à retrouver l’ex-aide de camp de Dadis Camara. Ce qui est sûr, c’est que le renversement de la junte militaire reste aujourd’hui l’objectif commun de ces détenus arbitrairement incarcérés et de la bande à Toumba Diakité. Parmi ces prisonniers, figurent, entre autres, des militaires et des narcotrafiquants dont le Capitaine Ousmane Conté, fils de l’ancien président Lansana Conté. La plupart d’entre eux avaient été arrêtés, au lendemain de la prise du pouvoir, par la junte militaire, le 23 décembre dernier.
Ironie du sort, la junte militaire qui a massacré plus de 150 innocents, le 28 septembre dernier, demande aujourd’hui, à la population, de l’aider à capturer le Lieutenant Toumba Diakité et ses acolytes. Quel paradoxe ? Quand le commanditaire du crime demande à la victime de l’aider à retrouver son bras séculier… Walfadjri
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