
Pape Mady Diop, reporter de la Télévision nationale, en dépit de sa bonne volonté, ne peut rien faire face aux énergumènes qui jouant des bras ont failli l'envoyer choir sur les panneaux publicitaires. A la porte du tunnel menant à la zone mixte, Harouna Dème du quotidien Le Populaire attend sagement que la voie soit libérée par d'autres individus habillés en saharienne qui veillent au grain.
Le passage des joueurs terminé, le reporter s'engouffre avec quelques autres confrères dans le tunnel après avoir montré patte blanche. Parce qu'en plus du badge, il y a des coupons de couleur bleue distribués pour avoir accès à cette zone d'interview.
Dès l'entrée, fusent des éclats de voix : Hyacinthe Diandy du Quotidien prend le bras de Boubacar Kambel Dieng de la Radio Futurs médias qui est en boule contre on ne sait quoi. Renseignement pris, c'est un policier en civil qui a promené sur son corps une matraque électrique.
Quelques minutes plus tard, venus on ne sait d'où fusent des cris à vous faire dresser les poils sur le corps, des bruits assourdissants de matraque électrique, des coups de poings, de genoux, de pieds … Tout passait sur le chef du desk sports de la RFM… Des bruits de matraque qui se brise, suivis d'un sanglot et puis rien… Des insultes transpercent le silence et l'on voit le reporter de la RFM, pourtant un costaud, se faisait traîner à l'autre bout du tunnel.
Quelques mètres plus loin, Kara Thioune de la West africain Democracy radio, dont le seul tort a été de se trouver dans le couloir au moment de la bastonnade en règle de Kambel, se fait menotter comme un vulgaire hors-la-loi venant de commettre un délit.
Des joueurs libériens gênés par tant de brutalité détournent le regard en pressant le pas, tandis qu'un commissaire officiel du match prend des images à l'aide d'un minuscule appareil numérique.
Non contents de cette forfaiture, des hommes, les mêmes peut-être car habillés des mêmes sahariennes, font les 100 pas dans le couloir, le torse bombé, la matraque électrique en main.
Le devoir accompli ( ?) pour avoir réussi à empêcher les journalistes - qui ont décidé en solidarité avec Boubacar Kambel Dieng de boycotter la conférence de presse- de faire leur boulot.
Dans un premier temps, le reporter est évacué au Camp Abdou Diassé pour des soins avant d'être acheminé aux environs de minuit à l'hôpital Principal de Dakar pour un check-up. Sous escorte des responsables de la RFM, Mamoudou Ibra Kane et Alassane Samba Diop, entre autres, sont sur les lieux, à l'arrivée du reporter de l'APS.
C'est avec un gros bandage sur le crâne que Kambel dénommé par ses confrères ''Always in job'' (toujours au travail) quittera le service des urgences de l'hôpital Principal. Il serait interné dans une clinique privée, aux dernières nouvelles.
Source: APS
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