
Le secrétaire aux relations extérieures de l’Unacois Jappo pousse le bouchon plus loin que son collègue lorsqu’il reproche au ministre de ne pas tenir des propos justes. ‘C’est honteux de voir le ministre du Commerce tenir des propos qui passent totalement à côté de la réalité. Je ne reconnais plus Mamadou Diop Decroix qui était un homme de vérité lorsqu’il était dans l’opposition. Il ne croit pas en ce qu’il a avancé. Il s’est rabaissé en tenant de tels propos. Je pense que ce n’est pas honnête de sa part’, s’est indigné Serigne Ndia Ndongo.
Pour sa part, le grand importateur de riz, Moustapha Tall, impute cette situation de pénurie et de spéculation à l’Etat. ‘La subvention est une pratique difficile pour nous. Nous ne la connaissons pas. L’Etat s’était engagé à nous payer par semaine. Mais nous restons trois à quatre semaines pour rentrer dans nos fonds. Nous utilisons nos propres fonds de roulement pour pouvoir faire face à cette situation. Cela est intenable. Nous ne pouvons continuer à supporter cette charge. Le problème se situe au niveau de l’Etat. Si les pouvoirs publics payent régulièrement, la situation va revenir à la normale’, a-t-il laissé entendre, la subvention étant de 2 milliards de francs Cfa par mois, selon les commerçants. ‘Ce ne sont pas les commerçants qui font de la spéculation. Les spéculateurs ne sont pas des commerçants. Ce sont des gens qui profitent de cette situation. D’ailleurs, ils n’ont même pas de magasins. Nous n’encourageons pas la spéculation’, a-t-il défendu.
Ce qui inquiète le plus les commerçants de l’Unacois-Jappo, c’est l’absence de leur implication dans les prises de décision gouvernementales sur les questions économiques qui les intéressent au premier chef. ‘Les autorités étatiques ne nous considèrent pas. S’il y a un problème de cette nature, le ministre du Commerce devait nous consulter avant de prendre une quelconque décision. Il y a un véritable manque de concertation entre les décideurs politiques et les opérateurs économiques. Et ce manque de dialogue ne profite à personne’, ont déploré tous les membres de l’Unacois-Jappo ayant pris la parole. Ces derniers ont aussi, dans la même foulée, fustigé leur non-implication dans la commission chargée de contrôler le marché. Sur ce dernier point, leur secrétaire général soutient que les membres de ladite commission font de l’amalgame en arrêtant à tort des commerçants que l’on soupçonne de faire des spéculations sur le prix du riz sur la base de simples appels téléphoniques sur le numéro vert créé à cet effet. Il a, à ce propos, précisé que la subvention ne concerne pas toutes les catégories de riz, comme le gros riz. Histoire de montrer que cette catégorie de riz peut s’échanger cher.
Dans tous les cas, le Secrétaire général de l’Unacois-Jappo rassure que la disponibilité du riz sera garantie pour les consommateurs jusqu’à novembre.
Ndakhté M. GAYE
Walfadjri
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