|
OUTRAGE A MAGISTRAT DANS L’EXERCICE DE SES FONCTIONS : Farba risque une citation directe |
|
|
|
|
10-10-2008 |
L’ex-ministre de l’Artisanat et des Transports aériens, Farba Senghor, après ses tirs groupés contre le ministre de l’Intérieur, le Garde des Sceaux et le Procureur de la République Ousmane Diagne risque une citation directe. Le bureau exécutif de l’Union des magistrats du Sénégal a sorti hier un communiqué pour condamner l’acte et compte intenter une procédure judiciaire contre l’ex-ministre tout en se constituant partie civile à côté de la partie civile principale, Ousmane Diagne, pour « diffamation, diffusion de fausses nouvelles et outrage à magistrat dans l’exercice dans ses fonctions ».
Outrage à magistrat dans l’exercice de ses fonctions, diffusion de fausses nouvelles et diffamation. Tels sont les faits visés et qui risquent à l’ex-ministre de l’Artisanat et des Transports aériens Farba Senghor de comparaître devant le tribunal dans les jours à venir. L’ex-ministre Farba Senghor a soutenu avant-hier : « Cheikh Tidiane Sy (Ndlr : ministre de l’Intérieur), Madické Niang (Ndlr : ministre de la Justice) et le procureur de la république Ousmane Diagne ont tenté de corrompre mes propres agents. Ils leur ont dit de les aider à m’enfoncer moyennant des sommes d’argent et des billets pour l’Espagne. Mais ils ne savent pas que la vérité va éclater au grand jour. Je précise que ces trois personnes ont été manipulées pour m’écarter du parti et m’enfoncer dans cette affaire ». Des déclarations qui ont heurté l’Union des magistrats du Sénégal (Ums) qui a sorti un communiqué pour condamner fermement ces propos « infondés et irresponsables de M. Farba Senghor » tout en manifestant « sa solidarité à l’endroit du collègue Ousmane Diagne ». Il s’y ajoute que l’Ums « soutiendra toute action judiciaire qu’entreprendra ce dernier à l’encontre de M. Farba Senghor. Des magistrats ayant requis l’anonymat vont plus loin en soutenant que « l’Ums va intenter une procédure judiciaire contre Farba Senghor. Car, lorsqu’un magistrat est attaqué dans l’exercice de ses fonctions, c’est l’ensemble du corps qui est attaqué. Par conséquent, l’Ums qui a subi un préjudice moral va intenter une procédure dans le souci de défendre le corps ». Et en l’espèce l’Ums sera partie civile à côté du Procureur de la République qui sera la partie civile principale. « À chaque fois qu’un magistrat est attaqué, l’Ums se constitue partie civile. D’autres sources établies au Palais de justice renseignent que « Farba Senghor n’est plus ministre et il peut comparaître directement devant le tribunal si l’Ums ou bien même la partie civile principale lui sert une citation directe pour diffusion de fausses nouvelles, outrage à magistrat dans l’exercice de ses fonctions et diffamation». Concernant les attaques contre le commissaire Modou Diagne de la Sûreté urbaine qui a dirigé l’enquête ayant abouti à l’arrestation des nervis de l’ex-ministre, le chargé de la communication de la police, le colonel Alioune Ndiaye, joint au téléphone, souligne qu’il n’est pas habilité à parler de cela. Par contre, de hauts responsables de la police précisent que « Farba Senghor racontent des histoires. Car, si le commissaire Diagne était derrière lui, il aurait torpillé l’enquête. Il ferait tout pour brouiller les pistes. S’il roulait pour lui, il n’allait pas boucler l’enquête en un temps record. Nous n’avons pas de temps à perdre avec Farba Senghor ».
L'observateur
|