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Macky Sall vient de créer son parti, et le combat ne fait que commencer... | Macky Sall vient de créer son parti, et le combat ne fait que commencer... |
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| 05-12-2008 | |||||||
Macky Sall vient de créer son parti, et le combat ne fait que commencer pour lui. En effet, tant qu’il était au sein du Pds, les choses étaient plutôt faciles. Il était dans une position de victime. On lui menait un peu la guerre parce que le moindre de ses actes était interprété comme une défiance vis-à-vis du Président de la République, depuis son voyage en France sur invitation du Sénat français, jusqu’à son souhait d’auditionner fils du Président Wade.Maintenant qu’il a créé son parti, Macky Sall doit apprendre à exister seul. Mais le chemin ne sera pas de tout repos. L’ancien président de l’Assemblée nationale est désormais pris entre plusieurs feux. Au moment où l’opposition reprend du poil de la bête, grâce aux Assises nationales et son apparente radicalisation face au régime de Wade et son intransigeance pour ce qui est de la tenue à date échue des élections locales dont la transparence du processus suscite de nombreuses incompréhensions, l’ex numéro du Parti démocratique sénégalais (Pds) doit se frayer un chemin. Tout un programme pour l’Alliance pour la République (Apr/Yaakaar) ! Va-t-il intégrer les rangs du « Front Siggil Senegaal » pour affronter frontalement le pouvoir qu’il a contribué à consolider ? Va-t-il s’allier avec Idrissa Seck, son ex ennemi ( ?) juré ? Va-t-il choisir sa propre ligne, c’est-à-dire agir en électron libre ? Une chose est au moins sûre : intégrer Siggil Senegaal lui éviterait d’abattre toutes ses cartes ou de mettre à nu ses faiblesses. S’allier avec un Niasse, Tanor, Dansokho ou Bathily n’est jamais négligeable au cas où… Idrissa Seck l’avait si bien compris qu’il était prêt à aller en coalition avec la Ld/Mpt et le Parti socialiste aux élections législatives finalement boycottées par l’opposition dite significative. L’autre hypothèse, c’est qu’une alliance avec le parti Rewmi d’Idrissa Seck pourrait donner au patron de l’Apr/Yaakaar davantage de considérations par Abdoulaye Wade et pourquoi pas ouvrir la porte à d’autres négociations pour un retour à la maison du « père ». Il est évident, d’ailleurs, que Wade ne prendra jamais le risque de laisser son fils faire face à un duo Macky-Idy. D’autant que le président de Rewmi n’a jamais abandonné son rêve de devenir numéro un. Le numéro deux ne l’ayant jamais intéressé, il aura peut-être moins de difficultés à convaincre un Macky Sall à ne pas lui faire de l’ombre. Mais il va toujours se poser un problème de confiance entre les deux hommes. Il y a aussi Karim Wade, fils du président à qui l’on prête l’intention de succéder à son père, qui voit en lui (Macky Sall, ndlr) un ennemi, puisque l’ex-maire de Fatick aurait pris l’initiative de son audition par la commission des finances que dirigeait l’actuel président de l’Assemblée nationale. Il y a enfin Wade, président de la République, qui détient tous les pouvoirs et qui maîtrise mieux que quiconque les canaux de la communication politique. Au-delà de ces aspects, Macky Sall n’a pas le charisme ni l’habileté d’un Idrissa Seck ou d’un Wade, encore moins le maillage national nécessaire à l’édification d’un parti national fort. Il n’a pas non plus la puissance d’argent de Wade, ni d’Idrissa Seck, encore moins d’un Niasse. Du point de vue de ses lieutenants, il n’a pas des hommes d’une envergure telle qu’il puisse entraîner un mouvement de sympathie qui dépasserait sa seule personne. Macky Sall a toutefois un atout, celui d’être « propre » puisqu’il n’a pas comme Idrissa Seck de dossier en justice. Cette éventualité de faire l’objet de poursuites judiciaires loin d’être écartée pourrait faire de Macky Sall un martyr. Ce que le pouvoir de Wade voudrait bien éviter. La « jurisprudence » Idrissa Seck est encore fraiche dans les mémoires des tenants du pouvoir. Il a, par ailleurs, la carrure d’un présidentiel à l’image d’un Abdou Diouf sous Léopold Sédar Senghor, c’est-à-dire une stature d’homme politique à la fois technocrate (il est ingénieur) en plus d’être poli, réservé et mesuré dans son attitude vis-à-vis de ses adversaires politiques. Une façon de faire et d’être qui passe bien dans l’imaginaire du Sénégalais.
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