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LIBRE PROPOS: Une vérité...encadrée | LIBRE PROPOS: Une vérité...encadrée |
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| 02-07-2009 | |||||||
![]() La tragi-comédie dont l’Assemblée nationale a servi de scène, a révélé au moins, le souci des responsables de l’Anoci de se laver de tout soupçon au sujet d’une gestion qui est à mille lieux de livrer tous ses secrets. Une camera obscura (chambre noire) qui aiguise l’appétit de savoir des Sénégalais. Ils exigent des comptes sur la façon dont des “privilégiés” ont géré les deniers publics. Et ce n’est pas l’autoglorification de Karim Wade, affirmant que “L’ANOCI a été gérée de manière extrêmement transparente », qui va assouvir leur faim de savoir, de tout savoir. Surtout quand le fils du Président lui-même n’est pas sûr de ce qu’il avance. Il a été trahi par son discours, en utilisant des mots parasites comme : « Je crois que… ». Le super-ministre parle de la poule aux œufs d’or, l’Anoci, en ces termes : « Je crois que c’est un exemple de transparence dans la gestion des affaires publiques au Sénégal. Nous sommes fiers d’avoir réalisé ce bilan ». Soit. La transparence n’est pas de l’ordre métaphysique, encore moins, discursif. Elle se montre ou se démontre. L’on peut dès lors comprendre la déception de certains députés qui attendaient des documents pour en savoir davantage sur la gestion de l’Anoci. Karim Wade s’est alors contenté de discours, avec cette impression d’un Professeur livrant un cours magistral à des étudiants qui viennent de franchir, pour la première fois, le seuil de la porte d’un amphithéâtre. Mais face à cette catégorie d’élus, il y a une autre qui s’est contentée des explications du fils du Président. L’esprit partisan, c’est connu, ne souffre d’aucune mise à distance des choses ou objectivation (l’action de poser devant soi un objet et l’étudier froidement), d’aucune critique. Il est gros de ses convictions ; l’enfermement est son terrier. Entre le super-ministre et les députés tout laisse croire que la communication (au sens de communicare qui signifie mettre en commun, échanger) n’a pas fonctionné. Karim Wade avait une vérité ou sa vérité à délivrer. Les élus pouvaient, tout au plus, poser des questions de clarifications. Dans tous les cas, le super ministre reste et demeure le maître du jeu, puisque le dernier mot lui revient. Pourtant les députés ont le droit de tout savoir pour donner des réponses précises à leurs mandants qui ne manqueront pas de les interpeller sur la question. C’est là l’une des principales missions du député qui hélas, est souvent au service du parti et de son secrétaire général (surtout lorsqu’il s’agit du parti de la majorité) et se soucie moins des intérêts du peuple. Des renseignements généraux qui “envahissent” l’hémicycle, un important dispositif sécuritaire, des journalistes tenus en respect, des députés triés sur le volet et le sommet de l’incongruité, c’est lorsque le fils du président réussit à mettre ensemble députés et sénateurs pour son audition. Quelqu’un qui n’a rien à caché avait-il besoin de toute cette mise en scène ? Tout laisse croire que nous sommes en face d’une vérité... encadrée. Et lorsque le “gourou” s’en mèle, c’est pour davantage brouiller les pistes. Ce fameux message qui attérit sur l’écran des portables des confrères, fait sourire. En voici la teneur : “Les débats se déroulent en grande partie en ouolof. Environ 300 personnes dans la salle. Des félicitations, des observations et des réactions de l’Imam Mbaye Niang, Ndèye Fatou Touré, Mously Diakhaté. En ce moment c’est El Hadj Diouf et Seydou Diouf, Me Babou, Abdou Fall, Tafsir Thioye et Doudou Wade pour conclure. Alé Lo dirige les débats avec courtoisie. Karim regrette que ce ne soit pas en plénière. Très captivant de 16 à 21 h”. L’intension de manipulation est manifeste. Mais ce qui fait sourire le vrai professionnel, c’est le manque de finesse, oubliant que le manipulateur c’est celui qui avance masqué. Le message en question a été envoyé à 18h30mn. Il insiste sur le fait que le débat s’est, en grande partie, déroulé en wolof. La volonté de laisser croire que Karim manie la langue de Kocc Barma saute à l’oeil nu. Seulement, le démenti vient des journaux qui ont montré comment Abdoulaye Baldé a fait la police en demandant que l’audition se fasse en français. Pour montrer le caractère “populaire” de l’audition, le “gourou” sort le chiffre de 300 participants. Tout le monde sait que cette salle ne peut pas contenir 300 âmes. Il parle des “félicitations, des observations”. Et reste volontairement évasif, voire muet sur les réactions de Imam Mbaye Niang, Mously Diakhaté, El Hadj Diouf. ... Il termine, en montrant que Karim a réussi son passage et le surper-ministre était tellement à l’aise devant les députés et les sénateurs, qu’il a caressé le désir d’affronter les députés en plénière. Bravo ! Mais ce ne sont pas les discours qui le laveront de tout soupçon. Les responsables de l’Anoci doivent plutôt se plier aux exigences de l’audit externe. La Cour des comptes doit, comme l’ont demandé certains députés, fouiller dans la gestion de l’Anoci, à défaut d’un audit indépendant. Car, si l’Anoci est un modèle de transparence, comme l’a laissé entendre Karim Wade, cela ne devait pas poser problème. C’est dans l’intérêt des responsables de l’Anoci qui ont besoin d’être blanchis. Et pour cela, le lavage à grande eau de certains députés de la majorité ne suffit pas. SudQuotidien
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