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LANCEMENT 20 ANS UNIVERSITÉ GASTON BERGER (UGB) : Me Wade définit la mission de l’intellectuel | LANCEMENT 20 ANS UNIVERSITÉ GASTON BERGER (UGB) : Me Wade définit la mission de l’intellectuel |
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| 31-05-2010 | |||||||||||||||||||||
Le président de la République a procédé samedi au lancement de la célébration des 20 ans de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis. Me Abdoulaye Wade, qui mise beaucoup sur l’éducation et la formation, a défini le rôle de l’intellectuel dans la société, consistant à participer aux débats, à remettre en cause les idées et à proposer des solutions. Il a estimé qu’une université performante doit s’ouvrir à la société et apporter des réponses à ses besoins.C’est dans une ambiance empreinte de solennité que s’est déroulée cette cérémonie aux relents intégrationnistes, en témoigne la présence des recteurs du Burkina Faso, du Mali, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie. A l’occasion, le président de la République n’a pas manqué de se féliciter de se retrouver à l’Ugb, dans une ambiance de réflexion. « C’est toujours avec un fort sentiment de découverte, de renouvellement que je viens à l’Ugb. Une université qui ne cesse de renaître par la grande capacité d’innovation de son Recteur, le Pr Mary Teuw Niane. Vous êtes en train de créer à Saint-Louis un pôle de réflexion. Vous mettez tout en cause pour finalement remettre les choses à leur place. C’est cela la mission d’un intellectuel : réfléchir, ouvrir des horizons et proposer des solutions. En vous écoutant, je me suis dit voilà un vrai professeur. Ce qui ne veut pas dire que les autres ne le sont pas. Mais un professeur, c’est d’abord l’enseignant qui fait aussi de la recherche. Votre niveau de réflexion est très haut, vous avez plané », a dit Me Wade au recteur. Il a plaidé pour « une ambiance de réflexion et de remise en cause » dans les universités. « C’est cela qui fait avancer les choses. Les idées mènent le monde. Ce qui explique toujours ma présence dans les débats (G-8, G-20...) où se décide l’avenir du monde et parce que nous refusons qu’on décide à notre place », a-t-il précisé. Le chef de l’Etat a mis l’accent sur la nécessité d’avoir une université ouverte à la société, magnifiant la création de la ferme agricole de l’Ugb qu’il va appuyer. « C’est ici que j’ai exposé ma réflexion, alors que j’étais ministre d’Etat, devant les recteurs africains, sur le système éducatif avec des passerelles pour le secteur privé, le public, des retours du supérieur vers différents autres étages pour l’enseignement. Cette réflexion est toujours valable », a-t-il indiqué. Une telle pensée a donné naissance à la Case des Tout-petits, « une initiative originale qui s’inscrit dans le temps parce que les enfants formés dans ces structures penseront comme des ordinateurs, c’est-à-dire, plus vite, plus juste et mieux », a-t-il soutenu, invitant les professeurs à exploiter les Tic pour ne pas être dépassés par leurs étudiants. « Les acquis de l’université ne suffisent plus à enseigner, il faut exploiter les Tic ». Il a cependant averti les étudiants : « le professeur aura toujours ce que vous n’avez pas. Il a appris à enseigner, à faire la recherche. Cela, l’ordinateur ne vous l’apprend pas. Donc, il aura toujours une longueur d’avance sur vous ». De l’avis du Pr Wade, « 20 ans pour une institution universitaire, c’est l’âge de la jeunesse et de la croissance, c’est le moment de la quête d’une identité remarquable. C’est le temps de l’affirmation de sa propre personnalité pour embrasser avec ferveur l’âge de la maturité ». Doter le pays d’une masse critique Il a qualifié le thème : « Quel Enseignement supérieur pour le Sénégal », de question « courageuse et pertinente parce que l’enseignement, aussi bien dans ses contenus que dans ses méthodes, est évolutif par définition. Il est normal que vous scrutiez et interrogiez l’avenir. Et je vous remercie d’avoir accordé un intérêt particulier à l’éducation et à la formation ». A l’en croire, l’Ugb, en invitant les intellectuels à interroger l’avenir, reste dans le sillage de son parrain, Gaston Berger, l’inventeur de la Prospective. Le président de la République a également expliqué que son choix d’accorder un « intérêt particulier » à l’éducation et à la formation vise à doter le pays d’une masse critique pouvant développer le pays. « Ce choix n’est pas seulement l’expression du sentiment d’enseignant que je suis. Il procède surtout d’une démarche stratégique, à long terme, visant à doter notre pays d’un vivier de ressources humaines en qualité et en quantité suffisantes pour relever les défis du développement économique et social durable. Et c’est là que le Sénégal va gagner », a-t-il fait remarquer. Il a cité le cas de la Bavière où « 80% des brevets d’invention allemands proviennent ». « Avec les changements qu’il y a aujourd’hui dans le monde, on assiste à une accélération des connaissances. Et pour répondre à cette question, il faut d’abord de l’existant et ensuite se poser la question sur le profil des diplômés que nous voulons former pour demain ou dans 10 ou 20 ans, s’interroger donc sur les formations que nous devons leur donner », a-t-il précisé. « Nous formons nos jeunes pour qu’ils puissent s’adapter au monde de demain et une fois qu’on a déterminé le projet, il faut évaluer le gap et montrer par quel chemin nous pouvons arriver à combler cette marge qui sépare les formations actuelles de celles de demain », a ajouté Me Wade, qui a soutenu que cela pose les questions de contenus, de quantum horaire, de normes pédagogiques et de l’adéquation formation-emploi. Il a laissé entrevoir une réduction du budget de l’Education lorsque les 40 % alloués au secteur auront permis de disposer de la masse critique. Le chef de l’Etat a estimé que les autres secteurs sont moralement aussi « méritants » que l’Education. Mieux, « les ressources étant limitées, vous comprenez que cela ne puisse pas durer indéfiniment. C’est une politique qui porte sur une période, celle de la production rapide de cadres supérieurs capables de diriger le pays sur les plans politique et technique. Cela est fait. Nous avons des diplômés dans tous les domaines, en France, aux Usa, au Canada, qui doivent rentrer et occuper valablement des postes dans le fonctionnement de notre pays, autant dans l’administration que dans le privé », a-t-il indiqué. Vers une réduction du budget de l’Education Le président de la République a affirmé qu’aujourd’hui, le Japon, qui avait fait la même option que le Sénégal, ne consacre que « 3% de son budget dans l’Education parce que l’investissement fait a produit des hommes capables maintenant de financer les études de leurs enfants ». « C’est cette transformation que nous recherchons à travers notre politique volontariste dans l’Education », a dit Me Wade, soulignant qu’il a demandé au ministre de « commencer à faire la sélection dans l’attribution des bourses ». Car pour lui, le pays a fait un bond et que les Sénégalais peuvent, dans un proche avenir, financer l’éducation de leurs enfants. En témoigne les belles villas et voitures qui pullulent dans le pays mais surtout parce que le revenu par sénégalais est à « 1.123 $ », dépassant de très loin les 2 $ par jour (soit 730 $ dans l’année) de la communauté internationale. En restant dans la logique de la communauté internationale, « le Sénégal n’est donc pas pauvre », a dit Me Wade, refusant cependant cette définition qu’il a jugé « simpliste ». Considérant qu’il existe encore beaucoup de poches de pauvreté dans le pays, Me Wade a défini la pauvreté comme étant « un ensemble de manques de 6 éléments fondamentaux dans la vie et qu’il faut régler pour chaque citoyen : la nourriture, l’habillement, l’accès à la santé, à l’éducation, à l’habitat, l’environnement. C’est pour cela qu’au Sommet de La Mecque de l’Oci, j’ai demandé qu’on ne parle plus de réduction de la pauvreté mais d’éradication ». S’adressant aux étudiants, le chef de l’Etat leur a dit tout l’espoir porté sur eux pour assurer le décollage le Sénégal. « Le Sénégal de demain, c’est ce que vous en ferez », leur a-t-il lancé Me Wade, promettant de remplir le contrat moral avec l’Ugb. MONTÉE EN PUISSANCE : L’Ugb sollicite plus de soutien de l’Etat Pour conforter sa montée en puissance, qui se manifeste par la diversification des filières, tout en maintenant la qualité et l’excellence, l’Université Gaston Berger (Ugb) a sollicité l’appui de l’Etat. Le Pr Mary Teuw Niane a d’emblée salué la présence du chef de l’Etat à cette manifestation. Cela, a-t-il dit, témoigne de son « engagement pour l’Education et de l’intérêt qu’il porte aux actions et missions de l’institution ». « Vous aimez l’université, vous connaissez son utilité sociale et la place éminente qui doit être celle de la science dans le développement d’un pays », a dit Mary Teuw Niane, qui a rappelé que l’Ugb, qui est née grâce à la vision « prophétique » du président Senghor, qui a procédé, en 1974, à la pose de la première pierre destinée « à accéder à la modernité sans piétiner notre authenticité ». Ce principe, à son avis, est basé sur la philosophie chère à Gaston Berger dont l’université porte le nom depuis le 27 février 1997. Pour le Pr Niane, « le cheminement aux côtés de pionniers mus par un amour ardent du sacerdoce académique fut long et riche de rebondissements, mais la promesse du futur fécond de la réussite personnelle de chacun dans l’intérêt de tous, continue d’animer ce cœur éprouvé par deux décennies de compagnonnage ». Le Pr Niane n’a pas manqué de saluer tous les progrès accomplis depuis le 10e anniversaire de l’institution. Il a ainsi magnifié le travail de ses prédécesseurs, les professeurs Ahmadou Lamine Ndiaye et Ndiawar Sarr, « qui ont eu à cœur de proclamer et de traduire en acte l’idée d’université d’excellence ». Il a indiqué que cette orientation est globalement partagée par la communauté universitaire de Saint-Louis et comprise et soutenue par les pouvoirs publics. Même s’il reconnaît que beaucoup a été fait, le Pr Niane a souligné qu’il n’était pas raisonnable de ne pas solliciter davantage le jour de lancement du 20e anniversaire de cette université. « Il y a un effort interne de construction des instruments d’une mutation constante et d’une adaptation permanente à la modernité pour conforter une montée en puissance adossée sur la qualité et l’excellence », a souligné le recteur, non sans rappeler qu’un plan stratégique a déjà été adopté et permettra de mener l’Ugb jusqu’à l’horizon 2015, dans une montée en puissance. Aussi, le recteur et les autorités universitaires de l’Ugb comptent-ils sur Me Abdoulaye Wade, pour que « cette vision soit préservée et que les moyens de sa mise en œuvre soient mobilisés ». Tout en assurant que l’Ugb restera plus que jamais fidèle à son credo : « l’excellence au service du développement », le recteur a remercié le ministre de l’Enseignement supérieur et a souhaité la diversification des partenaires, avant de préconiser la recherche d’autres ressources additionnelles pour réussir ce pari. Politique sociale innovante Auparavant, le directeur du Centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous), Karim Cissé, a salué tous les efforts consentis par les pouvoirs, les pensionnaires qui cohabitent avec leurs professeurs, réclament toujours un mieux-être et c’est cela que le gouvernement a compris en octroyant des moyens supplémentaires. M. Cissé a ainsi révélé que le Crous a défini une politique sociale innovante, orientée vers la satisfaction de l’intérêt exclusif de l’étudiant. « A travers une approche participative, nous avons défini les axes prioritaires pour une gestion performante, améliorée et concertée de la vie étudiante. Et en se fondant sur un tableau de bord consensuel, des résultats ont été enregistrés dans le renforcement progressif des équipements et matériels des cités universitaires, des matériels et équipements de cuisine, le renforcement significatif du parc automobile... », a-t-il dit, en rendant un vibrant hommage au recteur et à tous les partenaires sociaux de Crous. Quant au président du comité d’organisation de ces 20 ans de l’Ugb, il a indiqué que cette célébration permettra de relever les multiples défis d’envergure internationale. Le Pr Babaly Sall a magnifié l’action de tout le comité qui a permis de réussir le pari de l’organisation. Accueil exceptionnel C’est à un accueil triomphal que Me Abdoulaye Wade a eu droit ce samedi à Saint-Louis, de l’aéroport à l’Ugb. Tout le long du chemin, l’accueil des militants, mobilisés par les différents leaders politiques de la ville et de la région, munis de pancartes démontrant leur appartenance, a été vibrant. Par moments, les jeunes, qui voulaient approcher leur leader, ont donné du fil à retordre aux forces de l’ordre qui ont eu du mal à les canaliser. Le slogan « Gorgui, ya bari doolé » (Gorgui, vous êtes très puissant) fusaient de partout. Il fallait parfois recourir à la sirène des véhicules 8X8 pour avancer un peu. Devant la porte principale de l’Ugb, c’était l’apothéose. Les femmes et les jeunes ont redoublé d’ardeur pour souhaiter la bienvenue à leur hôte de marque. Dans l’amphithéâtre également, la chorale de l’Ugb ainsi que la troupe du fanal de Saint-Louis dirigée par l’artiste comédienne, femme de média, Mme Marie Madeleine Diallo, ont apporté leur contribution. Leur mot de bienvenu, surtout le « Bakk » du fanal, a été très apprécié par le chef de l’Etat.LE Soleil
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