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ALTERNATIVES DURABLES POUR LA GESTION DES DÉCHETS : Les Centres d’enfouissement ont la côte |
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21-06-2010 |
La production de déchets de la région de Dakar est estimée à 475.000 tonnes par an. Les déchets éliminés à la décharge de Mbeubeuss sont composés de 45 % de matières fines (sable, cendres) et de 20 % de matières organiques (Iagu-Aprosen, 2008).
L’élimination durable des déchets solides est fort recommandée face à cette situation. Une élimination durable des déchets suppose l’absence de pollution et de contamination des ressources naturelles, d’impacts négatifs sur la santé des populations riveraines, l’économie locale, une intégration des infrastructures dans le paysage environnant et une valorisation encadrée, sécurisée et efficace des déchets.
Parmi les méthodes proposées pour une gestion durable des grandes quantités de déchets produits dans les villes, figurent les méthodes d’enfouissement.
A Dakar, ces centres n’existent pas encore. Mais les experts de l’Institut africain de gestion urbaine (Iagu) révèlent que les sites qui doivent accueillir les Centres d’enfouissement techniques (Cet) sont identifiés pour prévenir toute forme de pollution et de contamination des ressources.
« Un Cet est en cours de planification et d’aménagement pour accueillir les déchets de la région de Dakar dans la Communauté rurale de Diass (région de Thiès) », dit Mme Wone.
Les infrastructures des Cet comprennent, entre autre, des systèmes d’étanchéité et d’imperméabilisation des fonds et des flancs permettant d’éliminer les infiltrations des lixiviats dans les eaux souterraines. Les déchets enfouis sont aussi recouverts par des matériaux inertes et compactés évitant ainsi les risques d’envol, les mauvaises odeurs et limitant les phénomènes de combustion. Le gaz de décharge est aussi collecté et valorisé ou éliminé.
Il est aussi recommandé une valorisation des matières issues de la décharge de Mbeubeuss, ce qui peut contribuer à la lutte contre la pauvreté. La valorisation consiste en la récupération des plastiques, métaux, bouteilles et toute matière présentant une valeur.
Ces matières récupérées sont revendues aux artisans et industriels. La vente de matière récupérée est l’unique source de revenus de centaines de récupérateurs. Selon l’Iagu, « les transactions dans la décharge de Mbeubeuss représentent un chiffre d’affaires journalier de 13 millions de FCfa ».
S’inspirer des meilleures pratiques
C’est pourquoi des centaines de personnes, chaque jour, prennent d’assaut les montagnes d’ordures, faisant fi des risques réels de maladies. En favorisant l’émergence d’activités génératrices de revenus autour des décharges, ne risque-t-on pas d’encourager la ruée vers les décharges ?
Selon Mme Wone, « les résultats scientifiques sur la qualité des sols et des eaux souterraines obligent à favoriser la sortie de ces acteurs de Mbeubeuss. La récupération des matières et la valorisation devraient se faire en amont. La mise en place d’un centre de tri et l’aménagement d’une déchetterie que nous sommes en train de promouvoir, favorisent la promotion des métiers de la récupération et de la valorisation dans des conditions sûres et sécuritaires. De tels aménagements s’accompagnent de programmes de renforcement des capacités et de sensibilisation sur les risques ».
En matière de valorisation des matières solides issues des décharges, certaines villes méritent d’être citées en exemples au vu de leurs prouesses. C’est le cas de la décharge de Mariann Hill à Durban (Afrique du Sud), « une des plus écologiques ». Elle comprend, en plus des installations traditionnelles des Cet d’aménagement de casiers étanches et de récupération et de traitement du lixiviat, des équipements de récupération et de valorisation du gaz méthane, l’aménagement d’une pépinière de reforestation avec des plants endémiques, l’aménagement paysager progressif des casiers remplis, la réintroduction de certaines espèces d’oiseaux sur le site, des composantes d’éducation environnementale notamment pour les enfants...
Des initiatives d’aménagement de Cet ont aussi vu le jour au Burkina Faso et en Mauritanie, même si elles n’intègrent pas toutes les composantes ci-dessus énumérées.
A Dakar, le manque de moyens a souvent été mis en avant pour expliquer les lenteurs dans la mise en œuvre de solutions durables pour la décharge de Mbeubeuss. Mais selon les experts de l’Iagu, Dakar s’est résolument engagée dans l’aménagement d’un centre de transfert et de tri intégrant la récupération des matières et l’aménagement d’un Cet. Cependant, préviennent-ils, « il faudra veiller à ce que l’exploitation de telles infrastructures puisse, en permanence, respecter les standards d’une élimination durable ».Le Soleil
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